Le bizness s’est fait accro
Accro de ses acronymes :
On coupe court chez les pros,
On épargne les centimes.
Le vendeur parle magot.
Lorgnant de nouvelles primes,
Il embellit ses ragots
De percutants synonymes.
Mais quand le client répond :
« Mon cher Monsieur, attention !
J’abhorre tous les escrocs,
Les beaux parleurs et la frime.
Il siérait que vos propos
Arborent - un paronyme -
De loyales intentions. »
Le vendeur se sent tout con …
(Refrain)
Heureusement que nous avons …
Des sonnets magistraux,
L’écho des homonymes,
La couleur de nos rimes,
La puissance des mots,
Le verbe et le discours,
D’excellents millésimes
De crooners anonymes
Qui chantent leur amour.
Vient alors l’installateur
Et ses airs de pantomime.
Lui, et son ami vendeur,
Illustrent les antonymes :
Avec moins d’un mot par heure,
Le verbe pusillanime,
L’hyperbole est une erreur,
La phrase est hyperonyme.
La fin de la garantie,
Rompt avec la poésie :
Le vendeur est voyageur,
Le pigeon devient victime.
Il faut au non-bricoleur
Un call-center magnanime
Pour exposer ses soucis
Et prouver l’anomalie.
(Refrain)
C’est là que j’ai eu Lola.
Même sous un pseudonyme,
Le doux timbre de sa voix
M’a fait l’effet d’un enzyme.
On se dit deux mots tout bas,
Nos échanges se subliment.
Et quand le client y croit,
Il mange son pain azyme.
J’ai le cœur qui fait des bonds,
Je poursuis avec passion :
« Je te bâtirai ton toit,
T’offrirai mon patronyme. »
Mais la belle reste coi,
Et là, ça sent la déprime.
« J’aime votre dilection,
dit-elle, …
Mais … je réside au Gabon. »